Foi et Conscience

Samedi 21 février 2009 6 21 /02 /2009 19:17
Dans ses Lignes directrices de l’Anthroposophie (GA26), Rudolf Steiner définit ouvertement celle-ci comme « un chemin de connaissance qui voudrait conduire le spirituel en l’être humain au spirituel en l’univers ». C’est évidemment poser d’emblée l’identité substantielle du microcosme et du macrocosme, et de facto, fonder la liberté humaine dont l’homme peut faire l’expérience en se pensant lui-même tout en pensant un univers de même nature spirituelle que lui. En ce sens, et en ce sens seulement, l’anthroposophie se trouve être un monisme dont Steiner explicitera les bases en sa Philosophie de la Liberté, fondement de ce qu’il désignera plus tard comme un individualisme éthique :

« L'homme n'a pas à accomplir la volonté d'un être extérieur à lui, mais ses propres volontés ; il n'exécute pas les résolutions et intentions d'un autre être, mais les siennes. Le monisme ne croit pas que les hommes agissent selon les fins d'un guide universel caché; ils ne sont pas déterminés par une volonté de ce genre; au contraire, dans la mesure où ils réalisent des idées intuitives, ils ne visent que leurs propres fins particulières. Car le monde des idées ne se manifeste pas dans une collectivité humaine, mais seulement dans les individus. Le but commun d'une collectivité n'est que la conséquence des actes volontaires individuels, et plus particulièrement des actes de quelques individus d'élite dont les autres reconnaissent l'autorité. Mais chacun de nous est appelé à devenir esprit libre, comme chaque bouton de rose est appelé à devenir rose. » (Steiner, Philosophie de la Liberté. GA 4, p.179). C’est donc bien là, clairement, poser le problème en termes de finalité : la liberté de l’homme n’étant à l’origine qu’en puissance – et non en acte.

Une question se pose dès lors : serait-on fondé à identifier l’anthroposophie à la philosophie moniste indienne advaïta enseignant la non différenciation de l’Universel et de l’individualité – du Brahman et de l’Atman pour reprendre les termes du Védanta ? C’est ce qu’il serait aventuré d’affirmer, cette question dépendant avant tout de la position de l’Homme au sein de la création. Car du fait même que celui-ci s’inscrit sur terre à la fois dans l’espace et le temps, il vit de plein pied déjà dans la dualité. Lorsque Dieu, Fondement de l’Univers, parfaitement stable en Lui-même et se suffisant à Lui-même, crée le monde, Il le fait par don spontané de Sa substance, émanant de Son être une image, un reflet multiplié de Lui-même en ce que nous appelons l’univers.

« Cette conscience divine créa des images d’elle-même. En quoi ces images différaient-elles de la conscience divine elle-même ? En ce qu’elles étaient multiples, tandis que la conscience divine est une. En ce que, de plus, elles étaient vides, tandis que la conscience divine est d’une plénitude infinie. » (GA155) De telle sorte que les créatures-images étaient multiples, mais vides – comme était vide, à l’origine, le Moi humain face au Moi divin riche de tout l’univers.

On peut, d’une certaine manière, se représenter cette création comme une sphère-miroir procédant de Dieu et dont le centre aurait été Dieu. Ce dernier émane et reflète son Être à l’infini dans cet univers issu de Lui-même. Dès cet instant la dualité fonde le monde, et non plus l’unité…

On peut encore s’interroger : « la conscience divine a-t-elle besoin de cela pour son évolution ? Ceux qui n’ont pas encore tout à fait compris le sens de la vie se poseront cette question. Non, la conscience divine n’a pas besoin de cela ! Elle possède tout en soi. Mais elle est généreuse et accorde à un nombre illimité d’êtres tout ce qu’elle renferme en elle-même. » L’accession à ces richesses implique toutefois que ces êtres parviennent à recréer en eux-mêmes cette conscience divine : dès lors se révèle multiple ce qui était Un, dans la dualité du Créateur et de l’univers créé : De l’Un est venu le Deux.

Et c’est entre cette double réalité que s’inscrit l’Homme appelé à intérioriser le monde en lui – et partant à acquérir ainsi la possibilité de se diviniser lui-même – car intérioriser le monde en soi c’est précisément cela le processus de la divinisation.



« Quand vous ferez le deux Un,

et le dedans comme le dehors,
et le dehors comme le dedans… »

enseignait l’évangile de Thomas (XXII, 9-11). Unir le microcosme humain au macrocosme universel, telle est la tâche qui nous est assignée.

L’Homme est ainsi la clef de voûte de la Création en même temps que son sens. Dieu => Nature => Homme : de l’Un est venu le Deux et du Deux le Trois : c’est là tout le mystère de la Trinité fondant l’univers, et c’est bien “à Son image que Dieu a créé l’Homme”. Le Trois est ainsi le nombre du monde et tout le vivant s’y reflète : en tête, tronc et membres ; racines, tronc et branches, depuis le trilobite de l’ère primaire jusqu’à l’homme.

Plus encore : c’est à la dualité que l’homme doit d’être libre – par sa pleine liberté d’opter pour le Mal ou pour le Bien, selon le vœu de ses créateurs, à toutes fins qu’il puisse un jour revenir de lui-même, en toute liberté, à son Créateur. La vraie liberté n’étant pas, en effet, l’autonomie mais présuppose une connaissance préalable réelle du bien et du mal, Dieu ne pouvant pas ne pas avoir prévu que l’homme ne pourrait tout d’abord que succomber à l’erreur, c’est-à-dire au mal. Encore qu'il y ait bien "Chute" dans la matière, on ne saurait donc parler de "péché originel".

De même, ce n’est pas pour rien que le nombre du physique est le Deux – comme le signe des Gémeaux celui de ce régent du plan physique que les Grecs nommaient Hadès – car c’est de sa confrontation au minéral que l’homme put acquérir son Moi, la conscience de son individualité.

Ce n’est qu’à son plus haut degré d’évolution que l’homme sera réellement en mesure de s’identifier – librement – en pleine conscience, à l’Univers et de le porter en lui sans que cette conscience vacille et tourne à la folie comme il est relaté dans la Bhagavad Gita : Ardjouna n’aurait pu soutenir la confrontation avec son Être originel propre si Krishna-Vishnou – qui ne fut autre que le Christ – ne l’avait soutenu de Sa force à cet instant. Toute prétention prématurée à la non-dualité ne mène, en l’état actuel de notre évolution, qu’à la perte de conscience ou à la folie.

C’est en ce sens qu’avait été adjoints douze aides à l’hiérophante initiateur dans les mystères antiques – pour renforcer d’autant la conscience de l’initié lors de l’initiation le conduisant à l’expérience du Macrocosme : douze aides appelés à renforcer son Moi lors de son expansion dans l’infinie pluralité du monde – charge aujourd’hui assumée, depuis Son Incarnation, par le Verbe Lui-même, le Christ, celui que les monistes indiens nomment Îshvara – Vishnou.

« Non pas moi, mais Christ en moi. » avait reconnu St. Paul – dont la conscience ne s’était pourtant pas élevée au delà du troisième ciel. C’est dire combien illusoire il peut être de prétendre aujourd’hui accéder, tels que nous sommes, à la non-dualité réelle qui ne saurait être atteinte qu’au stade ultime de notre évolution, non seulement sur notre terre actuelle, mais au terme de la dernière métamorphose de celle-ci, à l’ultime fin de ce que la tradition orientale désigne comme le septième manvantara de la Terre et nous le futur Vulcain. Prétendre le contraire c’est sombrer dans l’orgueil et la Maya du monde.

C’est alors seulement que l’Homme aura élargi sa conscience et réuni son être à celui de son Créateur. Il sera dès lors libre et pleinement créateur.

W.Helm

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Paru initialement sur Sagesse païenne, Foi chrétienne
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /2009 18:50

Aborder ceci nous conduit tout droit aux fameuses conférences sur le Karma de Steiner (Karmavorträge, I - VI). On sait que Rudolf Steiner avait caractérisé sa mission comme celle d’une réintroduction de l’enseignement de la réincarnation pour l’approfondissement du christianisme à venir.

Apporter des éclaircissements sur l’empereur Julien qui ne soient pas les habituels lieux communs de sa carrière politique extérieure, nous oblige à exposer de plein pied ce qui touche précisément, non seulement aux arrière-plans de l’histoire, mais encore à certaines données touchant aux réincarnations de certaines grandes figures des époques en question.

L’évolution spirituelle de la chrétienté s’articule, en effet, sur deux époques critiques où devait se nouer, pour de longs siècles, le destin de l’Europe : les IVème et IXème siècles qui conditionneront ensuite l’histoire jusqu’à nos jours – et tout cela, n’en déplaise aux matérialistes et aussi incongru que cela puisse apparaître au premier abord, sur la conception chrétienne de l’Esprit, de l’Esprit saint – et lorsqu’on sait le vide que ce mot recouvre aujourd’hui, vous devrez admettre qu’aborder cette question ne soit pas des plus simples à l’époque où l’on vit.

Le christianisme fut, en effet, la seule conception religieuse à introduire l’Esprit au plan ontologique d’une Trinité divine. De prime abord, cela ne signifie plus rien aux millions de fidèles plus ou moins fidèles qui se signent encore « au Nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit » et cela dépassa très tôt rarement – hélas – le stade d’un dogme purement intellectuel. Au point que dès le IVème siècle la pire incertitude s’emparait des… esprits justement – et que survenait cette funeste querelle de la “procession” du Saint-Esprit, c’est-à-dire de la relation entre Dieu (le Père) et le Christ par rapport à l’Esprit saint créateur que le 1er concile de Constantinople reconnut “procéder” du Père – Point.

C’était en 381, vingt ans plus tôt, Julien était devenu empereur et mourait deux ans plus tard, dans cette fatale campagne de Perse sous la main criminelle d’un chrétien. Qu’allait-il faire en Perse ?

Rudolf Steiner a dit de lui qu’il était, en ce temps-là, une des dernières âmes à percevoir encore le Soleil sous sa vraie forme. Après un court séjour à Bâle dont nous avons parlé, il se met en marche et meurt en quête de ce Sol Invictus des mystères mithriaques dont il recherchait passionnément le secret. La confusion s’installe plus avant dans la Chrétienté à propos de l’Esprit, toujours plus grave au fur et à mesure de l’extinction des facultés spirituelles des hommes…

Naît alors Odile, fille du duc Adalric d’Alsace, aveugle et clairvoyante, que son karma conduit à se réfugier là même d’où Julien s’en était allé vers son destin : dans l'ermitage d'Arlesheim.

C’est à cette même époque que Rome complète sa liturgie du fameux “filioque” faisant procéder le Saint-esprit du Père « et du Fils » – ex Patre Filioque procedit – d’où devait un jour survenir, en 1054, le funeste schisme d’Orient séparant jusqu’à nos jours l’Eglise orthodoxe de la catholique… Ce qui devait enfin produire, au bout du compte, la grande déchirure européenne et toutes les guerres entre l’Est et l’Ouest, dont la plaie devait engendrer tant de conflits idéologiques que la Russie s’en trouve encore, de nos jours, au ban de l’Europe…

Mais à l’époque Odile l’ignorait encore.

Cent ans plus tard, apparaissent deux personnalités d’exception, l’une au premier plan de l’histoire, l’autre cachée : la première deviendra, en 858, le grand pape Nicolas 1er, l’autre est Parzival, le fils d’Herzeloïde, futur Roi du Graal en 848…

Le premier face aux destinées du christianisme exotérique romain, le second en charge des destinées du christianisme ésotérique johannique…

Le premier perça à jour le danger de l’Eglise d’Orient pour qui l’Esprit ne procédait encore que du Père, en méconnaissance de l’action du Christ en l’Homme depuis Sa résurrection. Ce pape fut le dernier bélier à lutter autant contre les tendances lucifériennes d’Orient que contre les menées souterraines des loges noires d’Occident tendant à stériliser l’Eglise dans le dogmatisme ahrimanien qui devait s’emparer d’elle. Il n’en eut pas le temps : sa mort ouvrit le pouvoir à celles-ci : Deux années plus tard la trichotomie paulinienne corps-âme-esprit de l’homme était rayée d’un trait de plume au 8ème concile de Constantinople, l’esprit humain supprimé dans l’église même de la Haghia Sophia, le temple du Saint-Esprit…

Ne restait plus dès lors du véritable christianisme que le courant du Graal gardien du christianisme ésotérique de Manès et de Saint Jean – celui que défendront quatre siècles plus tard, jusque sur le bûcher, les Cathares de Montségur, et pour finir les chevaliers du Temple…

Pourquoi ce préambule ?

• Odile se réincarne en Nicolas 1er.
• Julien se réincarne en Herzeloïde, la mère de Parzival,
• Et ce n’est rien moins que Manès lui-même qui se réincarne en Parzival, aux dires mêmes de Steiner, le plus grand Initié de notre époque post-atlantéenne, plus élevé même que Scythianos et Bouddha.

Un ensemble de faits tirés des Karmavorträge qui porte un éclairage certain sur les arrière-plans de l’Histoire.

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Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /2008 18:03

Quelques données précises et quelques mots d’explication sur un sujet entre tous occulte et voilé d’une aura de mystère au plus haut point impénétrable : la Pierre Philosophale, objet central de toute l’Alchimie antique et médiévale.


« Le quatrième degré est ce qu’on appelle la préparation de la Pierre Philosophale. Ce que vous trouvez à ce sujet dans la littérature est souvent inexact, voire la plupart du temps déraisonnable. Si la Pierre philosophale était ce qui est décrit là, chacun aurait le droit de s’en moquer. Vous en connaîtrez quelque chose en écoutant ceci : à la fin du XVIIIè siècle un journal allemand sérieux a publié un article sur la Pierre philosophale. Celui qui lit cet article et qui sait, comprend que l’auteur a entendu parler de quelque chose, mais qu’il ne comprend pas ce qu’il écrit. Pourtant les mots sont tout à fait justes quand il écrit : la Pierre philosophale est quelque chose que la majorité des hommes ont très souvent en main, quelque chose que l’on trouve en beaucoup d’endroits sur terre, mais les hommes ne savent pas que c’est la Pierre philosophale. C’est une étrange description de ce qu’est la Pierre philosophale, elle est pourtant littéralement vraie. Il faut seulement bien la comprendre.

Observez une fois le processus respiratoire de l’homme, car ce que l’on appelle la découverte ou la préparation de la Pierre philosophale dépend d’une régulation de la respiration. L’homme inspire aujourd’hui de l’oxygène et expire du dioxyde de carbone, soit un composé d’oxygène et de carbone. Il inspire l’oxygène, le souffle de vie, et expire le dioxyde de carbone, un véritable poison. Avec ce dioxyde de carbone l’homme et l’animal ne peuvent pas vivre. Si les animaux qui respirent de la même manière que l’homme, étaient seuls sur la Terre et s’ils avaient toujours respiré comme aujourd’hui, ils auraient infecté l’air et ni les animaux ni les hommes ne pourraient respirer aujourd’hui. D’où cela vient-il qu’ils puissent encore respirer ? Du fait que la plante reçoit le gaz carbonique, elle conserve en elle le carbone et rejette l’oxygène, de sorte que les hommes et les animaux peuvent l’utiliser pour respirer. Il y a donc un beau processus d’échange entre la respiration des mondes animal et humain et la respiration, ou processus d’assimilation du monde végétal – je dis processus d’assimilation afin qu’aucun érudit pédant ne puisse objecter quelque chose. Celui qui, tous les jours, encaisse cinq marks et n’en débourse que deux a un excédent, il n’en est pas de même pour celui qui débourse cinq marks et n’en recevrait que deux. Il en va peut-être ainsi de la respiration, mais l’essentiel en l’occurrence, est que ce processus d’échange entre homme et plante existe.

Ce processus d’échange est fort curieux. Observons-le encore une fois d’un peu plus près. Dans le corps humain pénètre de l’oxygène, du corps humain sort de l’oxyde de carbone. Le dioxyde de carbone est fait de carbone et d’oxygène. La plante conserve le carbone et restitue l’oxygène à l’extérieur. Avec la houille que vous déterrez des millions d’années après l’apparition de la plante vous découvrez de nouveau le carbone que la plante a inspiré. Le processus de respiration que nous venons de décrire indique à quel point l’homme a besoin aujourd’hui de la plante pour vivre et comment se déroule en lui la respiration qui n’est que la moitié d’un processus. Il a besoin de la plante, quelque chose qui n’est pas en lui, mais qui transforme pour lui le dioxyde de carbone en oxygène.

Or il existe un rythme du processus de respiration dans le sens rosicrucien, dont il ne peut toutefois être parlé plus en détail que de bouche à oreille. Il ne peut y être fait allusion ici qu’en se gardant d’entrer dans les détails. Mais l’élève rosicrucien recevait, et reçoit encore, son instruction précise. Il doit respirer d’une autre manière, selon un rythme précis et des formes de pensée très précises, ce qui modifie son processus de respiration. Vous ne pouvez vous représenter cette transformation que si vous pensez au proverbe “petit à petit l’oiseau fait son nid”. Même chez l’homme le plus évolué, le processus de vie intérieure ne peut être transformé du jour au lendemain en respirant selon la manière rosicrucienne. Mais ce qui est transformé dans le corps de l’homme par une telle respiration va dans une certaine direction, dans celle où l’homme sera, dans l’avenir, capable de transformer lui-même le dioxyde de carbone en oxygène utilisable ; ce qui se déroule aujourd’hui dans la plante. Cette transformation qu’à l’heure actuelle la plante effectue pour l’homme, sera faite par l’être humain – à travers un organe propre dont la physiologie et l’anatomie ne savent rien encore, mais qui n’en est pas moins inclus dans l’évolution – de la même façon que le processus de respiration s’opérait, et s’opère encore, chez l’initié. Au lieu d’expirer du carbone et de le céder à la plante, l’être humain l’utilisera pour son propre corps.

Unissez à ce que je viens de dire ce que j’ai dit de l’idéal du Saint Graal : c’est-à-dire que la nature pure et chaste de la plante aura été parcourue par la nature humaine et que la nature de l’homme, dans sa plus haute spiritualité, sera revenue à la plante. Refaire le processus de la plante en soi-même, cela, un jour, l’homme en sera capable. Les substances qu’il porte en lui-même, il va les porter toujours plus vers cet idéal : que le corps devienne un corps végétal et porteur d’une conscience beaucoup plus haute et plus spirituelle. Ainsi l’élève apprend l’alchimie, par laquelle il transformera les liquides et matières de son propre corps physique en carbone. Ce que fait aujourd’hui la plante, qui construit son corps avec le carbone, l’homme, un jour, le fera lui-même. Il se construira à partir du carbone une structure corporelle qui deviendra celle du corps humain à l’avenir.

Un grand secret se cache derrière le rythme du processus respiratoire. Vous comprenez maintenant le sens de cette indication déjà citée concernant la Pierre philosophale. Qu’apprend donc l’homme concernant la construction de la forme future de son corps ? Il apprend à produire le carbone ordinaire – qui est aussi la substance du diamant – pour en construire son corps. L’homme va prélever en lui-même ce carbone, par une conscience élevée et élargie, et l’employer en lui-même. Il pourra former sa propre substance, la substance de la plante construite avec du carbone. Voilà l’alchimie qui conduit à la Pierre Philosophale. Le corps humain lui-même est la cornue dans laquelle se fera la transformation. » (R. Steiner, le 14 mars 1907 à Berlin, in Sagesse & Santé, Genève, 2002, pp. 222-226)

Ce qui précède en introduction à cette donnée de science occulte enseignant que le corps humain de l’avenir cessera un jour d’être de nature minérale – tel qu'il l’est encore aujourd’hui – pour en transmuer la substance en nature végétale, avant d’évoluer ensuite vers cette lointaine métamorphose de la Terre que sera le futur Jupiter : ce que la tradition nordique appelle Gimle. Et vous vous souviendrez que c'est alors que le dernier couple humain, Líf et Lífþrasir, s’enfermera pour survivre dans le tronc d’Yggdrasil...

Ceci nous amène aussi à mieux comprendre ce que le Maître Philippe de Lyon put affirmer lorsqu’il décrivit l’ossature de Jésus comme ayant été de même nature que le diamant (Alfred Haehl, Vie & Paroles du maître Philippe, p. 97), aussi bien que la sienne propre, aux dires de Sédir. On entre là dans un domaine qui ne s’éclaire et ne se conçoit, en définitive, que par la connaissance de ce qui précède : le mystère de la Providence qui retint les soldats de briser les jambes de Jésus, en préservation de ce qui préfigurait le devenir de l’homme au terme de son évolution terrestre.


(Vie & Paroles du maître Philippe) Lien

« Là se tenait la vierge, jeune, droite et souriante devant lui. Sur son front, gemme éblouissante, un diamant, acéré comme le troisième œil d’une licorne, et brillant de mille feux, Pierre immortelle en laquelle se reflétait toute la sagesse du monde et les mille étoiles du ciel. Et il sut que la Pierre était en lui, sous son front, cristal inaltérable, minuscule et flamboyante à la fois, pivot et base de son être … » (J-Y.G., Le Graal de Montségur, Paris, 2006, p. 124)

L'homme se dirige vers cet idéal d'édifier son corps à partir du carbone ; le charbon habituel c'est la Pierre des Sages. Ce ne sera pas le charbon noir, mais le carbone transparent, clair comme de l'eau, quand le corps humain deviendra stellaire. Ce ne sont pas là que des faits chimiques ; ce sont de hauts idéals. Cela, le rose-croix l'effectue progressivement et plus tard toute l'humanité y atteindra.

(R. Steiner, Christian Rose-Croix et sa mission, Genève, 1995, p. 45)


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Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /2008 18:50
Raphaël Madone Sixtine

En ce 15 août 2008, quelques mots sur cette Assomption de Marie dont l’Eglise catholique a promulgué le dogme en 1950 et qui a tant choqué les milieux protestants, peuvent ne pas être inutiles.

Il peut être éclairant de signaler ici combien cette fête catholique est à rapprocher de celle de la Dormition orthodoxe le même jour. C’est, en effet, ce jour-là que l’Eglise orientale célèbre la mort de Marie, du moins de celle que l’on entend sous ce nom, car ce n’est pas peu de dire qu’une grande confusion règne aujourd’hui sur ce sujet. Développer ici leur divergences n’apporterait toutefois que plus d’obscurité tant elles sont irréductibles, omettant l’une et l’autre l’essentiel d’une connaissance de base à propos de la corporéité humaine telle que l’enseigne notamment l’ésotérisme chrétien et l’anthroposophie. Car s’il est fondé de parler de l’âme de Marie, et de rappeler qu’elle fut un jour l’incarnation de la Sophia, et partant du Saint Esprit, parler de sa mort équivaut bel et bien à parler de son corps. Or ce mystère est sans doute, selon le mot d’Emil Bock « le plus profond et le plus complexe qui soit parmi tout ce qui touche au mystère marial. »

Qu’est-ce que le corps, en effet, pour les catholiques aussi bien que pour les protestants ? Assurément rien qui puisse apporter quelque lumière que ce soit sur cette question dès lors où ni les uns ni les autres ne reconnaissent une nature spirituelle à l’homme en dehors de sa double nature d’âme et de corps à laquelle ils l’ont réduit au IXème siècle, lors de ce funeste 8ème concile de Constantinople dont nous avons déjà abondamment parlé.


Car si l’Assomption de la “Mère de Dieu” est son élévation « corps et âme à la gloire du ciel », pour reprendre les termes mêmes du concile, c’est cantonner ici le problème au plan de l’âme, en éludant l’évidence que l’âme ne peut agir que sur l’âme et jamais sur la matérialité du corps, ce que seul l’Esprit peut, en réalité, réaliser, en quelque sorte par transmutation substantielle telle que l’Alchimie la rechercha.

L’homme n’étant constitué, selon la conception catholique, que d’un corps et d’une âme, ce dogme tel qu’énoncé ci-dessus faisait ainsi de Marie, non pas une femme, mais un être à part du genre humain, totalement recoupé de la nature humaine – point critique rapidement souligné par les orthodoxes sans qu’ils aient pu jamais eux-mêmes en résoudre l’inhérente contradiction. En fait, la promulgation de ce dogme souleva, quoi qu’on en ait dit, beaucoup plus de problèmes qu’elle n’en résolut.

Dormition

Seule la prise en compte d’une connaissance ésotérique complète de l’homme en corps, âme, esprit, telle que l’enseignèrent les cathares, ou, plus anciennement encore la science du Graal, pouvait amener les hommes à une saine compréhension de ce que put être cette Assomption mariale – et ce qu’il appartiendra à tout être humain d’atteindre un jour par la spiritualisation respective de ses trois corps inférieurs – physique, éthérique et astral – en ces trois éléments de sa nature spirituelle supérieure : soi-esprit, esprit de vie et corps spirituel enfin, métamorphose achevée du corps physique sous l’empire du Je humain christifié.

Tout comme au matin de Pâques les hommes virent se manifester le corps spirituel du Christ, c’est ce que la clairvoyance des apôtres vit s’élever de celle qu’ils appelaient Marie et qui échappait définitivement à l’emprise de la matière terrestre : son corps de résurrection, ce que l’ésotérisme oriental appelle atma. Celle qui s’élève alors dans les hauteurs spirituelles, au travers des sept sphères, c’est bien celle que l’Eglise désigne aujourd’hui comme l’Immaculée Conception – mais en préfiguration de ce que toute l’humanité pourra – graduellement – réaliser au cours des stades d’évolution futurs de la Terre.

W.Helm

 

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Mardi 12 août 2008 2 12 /08 /2008 11:00

Lucifer & Ahrimane (esquisse de Steiner, 1923)

« LUCIFER est la puissance qui excite dans l'homme toutes les exaltations, tous les faux mysticismes, l'orgueil qui pousse l'homme à s'élever au-dessus de lui-même, et – physiologiquement – tout ce qui trouble l'ordre du système sanguin de l'homme pour le faire sortir de lui-même.

AHRIMANE* est la puissance qui rend l'homme aride, prosaïque, "philistin" – qui ossifie exagérément les corps et qui entraîne l'homme aux superstitions matérialistes.

La tâche propre de l'être humain est essentiellement de se maintenir en équilibre entre les puissances lucifériennes et les puissances ahrimanienness ; et l'impulsion du Christ aide l'humanité actuelle à garder cet équilibre.


Entre Lucifer et Ahrimane


Ainsi, ces deux pôles, le luciférien et l'ahrimanien, sont présents en permanence dans les hommes, mais historiquement, nous constatons que le pôle luciférien a prévalu dans certains courants culturels de l'Antiquité et jusque dans les premiers temps chrétiens – tandis qu'Ahrimane agit de plus en plus fortement depuis le milieu du 15ème siècle et se manifestera toujours davantage, jusqu'à ce qu'il ait une véritable incarnation charnelle dans l'humanité occidentale.

Mais ce qu'il importe surtout de voir, c'est que de tels événements se préparent longtemps à l'avance. Les puissances ahrimaniennes influencent l'évolution actuelle de l'humanité, de telle manière que cette humanité puisse succomber le plus possible à leur tentation, le jour où Ahrimane apparaîtra sous forme humaine dans la civilisation de l'Ouest – il est vrai qu'à ce moment, elle ne pourra plus guère être appelée une civilisation. Ce que Lucifer fit autrefois en Chine et ce que l'entité du Christ fit plus tard au Proche-Orient, Ahrimane le fera, à sa manière, dans l'Ouest. Il ne sert à rien de s'illusionner sur ces choses. Ahrimane apparaîtra sous une forme humaine. Tout dépendra alors de la préparation qu'il aura fait subir aux hommes. »


(Rudolf Steiner, Zürich, le 27-10-1919)

C'est ainsi qu'en l'homme, Ahrimane, se trouve à l'origine des maladies tumorales, cancéreuses, et des maladies du métabolisme telles que le diabète ; alors que les entités lucifériennes se trouvent à l'origine des affections catarrhales graves et de la démence. C'est en ce sens que le Maître Philippe de Lyon put affirmer lui-même que "La plupart des cas de folie ne sont que des possessions."

Une double activité paradoxale à bien des égards, donc, en ce qui concerne le rôle du Mal dans l'économie de l'univers :

LUCIFER n'en étant pas moins, en effet, outre son rôle dans l'acquisition de la Liberté, à l'origine de tout enthousiasme humain envers la Sagesse et la Beauté – comme tel, par conséquent, à l'origine de toute tendance artistique.

AHRIMANE, a contrario, Maître du Mensonge et de tout ce qui déforme notre perception du monde.


C'est, très sommairement, ce que l'on peut dire ici de la double activité de ces entités trop souvent méconnues et confondues que les traditions nordiques décrivirent autrefois, dans un mythe célèbre, sous les noms de Loki et d'Hödhur.

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*Celui que la tradition proche-orientale nomme Satan.
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  • : Orientations existentielles dans une époque de dissolution.

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