Samedi 21 mars 2009
6
21
/03
/2009
20:34
1. Kuckuck! Kuckuck!
Ruft's aus dem Wald.
Lasset uns singen
Tanzen und springen!
Frühling, Frühling
Wird es nun bald
2. Kuckuck! Kuckuck!
Läßt nicht sein Schrei'n.
Kommt in die Felder,
Wiesen und Wälder!
Frühling, Frühling,
Stelle dich ein!
3. Kuckuck! Kuckuck!
Trefflicher Held!
Was du gesungen,
Ist dir gelungen:
Winter, Winter
Räumet das Feld!
Hoffmann von Fallersleben
~ ~ ~
Frühling
Der Sonnenstrahl,
Der lichterfunkelnde,
Er schwebt heran.
Die Blütenbraut,
Die farberregende,
Sie grüsst ihn froh.
Vertrauensvoll
Der Erdentochter
Erzählt der Strahl
Wie Sonnenkräfte,
Die geistentsprossenen,
Im Götterheim
Dem Weltentone lauschen ;
Die Blütenbraut,
Die farberglitzernde,
Sie höret sinnend
Des Lichtes Feuerton.
*
Printemps
Le rayon de soleil
Scintillant de lumière
A glissé vers la terre.
Sa promise, la fleur,
Vibrante de couleurs,
Radieuse, l'accueille.
A la fille terrestre
En grande confidence
Le rayon dit comment
Les puissants, les solaires,
Ces enfants de l'esprit,
Ecoutent chez les dieux
Monter le chant du monde.
Et la fleur fiancée,
Aux brillantes couleurs,
Songeuse entend le chant
Du feu dans la lumière.
Rudolf Steiner
Publié dans : Rudolf Steiner
-
Par Mathieu
0
Samedi 21 mars 2009
6
21
/03
/2009
12:36
Mes relations avec ces Archives (ndr. les archives Nietzsche) constituèrent dans ma
vie à Weimar un épisode fortement stimulant et je fus profondément peiné par la rupture de ces relations.
Il me reste de mon étude approfondie de Nietzsche l'intuition d'une personnalité
dont le destin fut de vivre tragiquement le règne des sciences naturelles pendant la seconde moitié du XIX ème siècle, et de s'effondrer à son contact. Il y chercha quelque chose, mais
ne put rien y trouver. Cette expérience que je faisais de Nietzsche ne pouvait que me fortifier dans ma conviction que toute recherche faite au niveau des résultats des sciences
naturelles trouve l'essentiel non pas en ceux-ci mais à travers eux dans l'esprit.
C'est ainsi que les œuvres de Nietzsche m'ont amené à aborder dans une optique
nouvelle le problème de la science de la nature. Goethe et Nietzsche étaient au centre de mon intérêt. Le réalisme énergique de Goethe était tourné vers les êtres et les processus de la nature.
Goethe voulait rester au niveau de la nature. Il s'en tint à de pures observations des formes végétales, animales et humaines. Mais dans le même temps que son âme évoluait au milieu de ces
formes, il parvint partout à l'esprit. Il trouva l'esprit qui règne dans la matière. Il ne voulut pas aller jusqu'à l'intuition de l'esprit qui vit et règne en soi-même. Il élabora une science de
la nature "conforme à l'esprit", mais il s'arrêta au seuil d'une pure connaissance de l'esprit, de peur de quitter le domaine de la réalité.
Nietzsche, lui, part de l'intuition de l'esprit sous la forme du mythe. Apollon et
Dionysos étaient des figures spirituelles dont il faisait l'expérience. Le cours de l'histoire de l'esprit humain lui apparut comme une interaction ou même un combat entre Apollon et Dionysos.
Mais Nietzsche ne put que donner une représentation mythologique de telles figures spirituelles. Il ne parvint pas à l'intuition d'essences spirituelles réelles. Il alla d'un mythe de l'esprit à
la nature. Dans l'âme de Nietzsche Apollon devait représenter la matière selon le modèle des sciences de la nature; Dionysos devait agir comme des forces naturelles. Mais là s'obscurcit la beauté
d'Apollon, là l'émotion cosmique dionysiaque fut paralysée par la légalité naturelle.
Goethe trouva l'esprit dans la réalité naturelle; Nietzsche perdit le mythe de
l'esprit dans le rêve de la nature dans lequel il vivait.
Rudolf Steiner, « Nietzsche un homme en lutte contre son temps », complément
autobiographique à l'édition originale. E.A.R.
Publié dans : Rudolf Steiner
-
Par Mathieu
0
Samedi 21 février 2009
6
21
/02
/2009
19:10
« Le Dieu qui a appris ce que, à part Lui, les dieux ne connaissent pas, qui a connu la mort, qui s’est incorporé les faits de la mort, c’est le Christ. Son entrée dans le monde où existent la
naissance et la mort, sa descente dans la nature humaine, ont été des processus réels. Dieu devint un être humain. C’est la formule qui exprime ce que le Christ est devenu pour la Terre : le
modèle originel de l’humanité, ce qui donne un sens à l’humanité.
Mais supposons que le processus inverse se soit aussi déroulé. Supposons qu’en même temps que le Dieu devint homme, un homme ait été poussé à devenir dieu, c’est-à-dire à ne plus mourir, à ne
plus être soumis aux lois de la vie terrestre. Cet homme serait devenu le dieu le plus misérable, tandis qu’en descendant ici-bas, le Dieu devint l’homme le plus parfait. Voilà l’opposition que
vous avez ; ce n’est pas en vain qu’à côté du Christ qui monte au Golgotha on trouve Ahasvérus, l’homme qui devint dieu. Mais c’est un dieu tronqué, qui ne peut plus mourir, qui erre
dans le monde, qui reste sur le plan physique en y développant les qualités qui ne devraient être développées qu’au pays du rêve.
C’est un fait prodigieux, spirituel, qui est placé devant notre âme. Au Dieu il est adjoint l’homme qui est devenu dieu, mais d’une façon qui le rend misérable. L’homme qui est devenu dieu
manifeste, dans le cours de l’évolution terrestre, le principe qui dit que la divinité ne doit pas descendre sur le plan physique : c’est le judaïsme, la conception du monde de l’Ancien
Testament.
Ce fait est un mystère. Si on connaît ces choses on sait qu’Ahasvérus est un être réel. Les légendes d’Ahasvérus sont basées sur des impressions réelles données par la perception d’Ahasvérus qui
se trouvait à un endroit ou à un autre. Car Ahasvérus existe : il est le gardien du judaïsme depuis que le mystère du Golgotha a eu lieu. Nous devons bien voir que nous n’arriverons à une
connaissance complète de l’histoire que si le spirituel y est inclus.
Nous voyons donc, d’une part Dieu devenu homme dans l’événement du Golgotha, et d’autre part l’homme devenu dieu dans Ahasvérus. L’initié sait qu’Ahasvérus erre réellement sur la terre.
Naturellement on ne le voit pas sous la forme humaine. Il est devenu un dieu, mais erre sur la terre. Il est présent dans l’existence terrestre. Pour couvrir toute la réalité, les descriptions
historiques doivent tenir compte de la réalité spirituelle qui court à travers le devenir historique de l’évolution humaine.
Assurément bien des choses ne sont présentes qu’en images, mais l’essentiel est de savoir que ces images correspondent à des faits. Il est insensé de dire qu’on ne devrait pas s’exprimer par ces
images. Lorsque nous parlons, nous nous exprimons toujours en images. Prenez le mot sanscrit “manas” ; si on comprend ce mot on a devant soi l’image sonore d’une enveloppe, de la Lune
qui porte le Soleil. Car lorsque l’Indien disait manas en sanscrit originel, son être de volonté se ressentait comme l’enveloppe qui renferme l’être pensant. Tous les mots remontent à des images,
ils ne sont que de simples images, élémentaires. Ce que l’on exprime par les mots ne réside pas dans les mots. Lorsqu’il s’agit de natures spirituelles complexes, qu’on ne peut pas exprimer comme
telles par des mots, on est obligé d’en former des images. Ainsi, lorsqu’on parle d’Ahasvérus et de ses légendes de la façon dont on parle en général en images, on utilise des formes d’expression
complexes qui font allusion au côté spirituel.
Si quelqu’un se fâche à l’égard de ce mythe, il devrait aussi se fâcher du fait que nous nous sommes formé un langage par lequel nous désirons exprimer quelque chose de substantiel. Il devrait
alors exiger que nous soyons muets – car s’il nous est défendu de composer un mythe, l’étape suivante serait de nous interdire de parler. Le processus de représentation en images est le même dans
le langage ordinaire et dans l’imagination supérieure dans laquelle se présente, entre autres, Ahasvérus qui est un être spirituel qui passe à travers l’évolution terrestre. Il entrave
continuellement le retour de l’être humain au monde spirituel, dont il est sorti lorsqu’il a perdu sa clairvoyance héréditaire, retour prévu par l’évolution grâce au Christ. »
(Rudolf Steiner, Mystère solaire, mystère de la mort, exotérisme et ésotérismes chrétiens, GA211, Genève, 2000, pp. 37-39.)
----------------------
Paru initialement sur Sagesse païenne, Foi chrétienne
Publié dans : Rudolf Steiner
-
Par Mathieu
10
Vendredi 13 février 2009
5
13
/02
/2009
23:01
Un autre point important, c'est ce que la science secrète appelle « l'orientation »
dans les mondes supérieurs. On y parvient en se pénétrant entièrement de la conscience que les sentiments et les pensées sont des faits réels, au même titre que les chaises ou les tables dans le
monde physique. Dans le monde des âmes et le monde des idées, il se fait une réciprocité d'actions et de réactions comme dans le monde sensible entre les choses physiques. Tant qu'on n'est pas
intensément pénétré de cette conviction, on ne croit jamais qu'une pensée erronée puisse faire autant de mal aux autres pensées qui animent l'espace mental qu'une balle tirée à l'aveuglette sur
les objets physiques qu'elle atteint. Bien des gens qui peut-être ne voudraient jamais accomplir extérieurement une action qu'ils considèrent comme contraire à la raison, ne verront pas de mal à
nourrir des sentiments ou des pensées faussés qu'ils croient sans effet sur le reste du monde. On ne progressera toutefois dans la science cachée que si l'on surveille ses pensées et ses
sentiments avec autant d'attention que dans le monde physique on regarde où l'on pose le pied. Si vous voyez un mur, vous n'essaierez pas d'avancer au travers de ce mur, mais vous le contournerez
et dirigerez vos pas selon les lois qui régissent le monde physique.
Or, il existe de semblables lois dans le monde des âmes et des esprits. Mais là, elles ne s'imposent pas de l'extérieur. Elles doivent découler de la vie même de l'âme. On parvient à les observer
en s'abstenant en tout temps de pensées ou de sentiments déformés. Il faut s'interdire désormais de se laisser aller au gré de la rêverie, de céder au jeu de l'imagination, au caprice des
sentiments. Ne pensez pas appauvrir ainsi votre sensibilité: vous constaterez bientôt au contraire que les sentiments ne deviennent vraiment riches, et l'imagination véritable ne devient
créatrice, que si l'on contrôle ainsi le cours de sa vie intérieure. A la place d'une sentimentalité puérile et d'associations d'idées arbitraires, surgissent des sentiments pleins de sens et des
pensées fécondes. Ces sentiments et ces pensées disciplinés permettent à l'homme de s'orienter dans le monde spirituel. Il apprend à établir des rapports justes entre lui et les réalités de
l'esprit. Cette discipline a pour lui des conséquences précises. De même que, dans la vie physique, il trouve son chemin à travers les choses physiques, il sait maintenant s'orienter parmi les
phénomènes de croissance et de dépérissement qu'il vient d'approfondir de la manière décrite plus haut. Il observe désormais tout ce qui pousse et s'épanouit, tout ce qui se flétrit et meurt,
comme l'exige son bien et celui de l'univers.
Le chercheur doit ensuite cultiver le rapport avec le monde des sons. Il faut distinguer entre les sons dus à des objets inanimés (un corps qui tombe, une cloche ou un instrument de musique) et
les sons émis par un être vivant (animal ou homme). Entendre une cloche, c'est uniquement percevoir le son et en éprouver un sentiment agréable; mais entendre le cri d'un animal, c'est, en plus
de ce sentiment, discerner encore derrière ce son la manifestation de ce que ressent intérieurement l'animal, plaisir ou souffrance. C'est à cette deuxième sorte de sons que le disciple doit
s'attacher. Il doit appliquer toute son attention à recevoir du son qu'il entend une information sur un événement qui se passe en dehors de lui; il doit se plonger dans un élément étranger; il
doit lier étroitement son sentiment à la douleur ou à la joie que ce son lui révèle, faire abstraction de lui-même sans chercher si pour lui le son est agréable ou non, plaisant ou antipathique.
Une seule chose doit occuper son âme: ce qui se passe dans l'être qui émet le son. Par ces exercices, méthodiquement conçus, on acquiert la faculté de vibrer pour ainsi dire à l'unisson d'un
autre être. Un homme doué de sens musical trouvera cette culture de sa sensibilité plus aisée que celui qui ne l'est pas; mais il ne faut surtout pas croire que le sens musical à lui seul
remplace cette discipline.
L'étudiant doit apprendre à ressentir ainsi la nature tout entière. Il sème par là des germes nouveaux dans le monde de ses idées et de ses sentiments. La nature commence alors à lui révéler ses
mystères par l'intermédiaire des sons qui en expriment la vie. Ce qui n'était auparavant pour l'âme qu'un bruit inintelligible devient un langage plein de sens. Là où l'on ne croyait auparavant
percevoir qu'un son, les résonances des corps soi-disant inanimés, le disciple perçoit maintenant une nouvelle langue de l'âme; s'il progresse dans cette culture de ses sentiments, il constatera
bientôt qu'il peut entendre certains sons qu'il n'avait pas soupçonnés auparavant. Il commence à entendre avec l'âme.
Un nouveau progrès doit encore s'ajouter à celui-là pour qu'il atteigne la cime de ce qui peut être obtenu dans ce domaine. C'est une chose très importante pour lui que la manière dont il écoute
parler les autres. Il faut s'accoutumer à le faire de telle sorte que pendant ce temps tout se taise en soi. Par exemple: si quelqu'un exprime une opinion et que vous l'écoutiez, il s'élève en
vous généralement soit une approbation, soit une objection, et bien des gens se sentiront immédiatement poussés à exprimer soit leur accord, soit surtout leur critique. Il faut parvenir à réduire
au silence aussi bien assentiment que riposte. Il ne s'agit pas naturellement de changer tout d'un coup sa manière d'être, et de chercher continuellement à faire régner au fond de soi ce parfait
silence intérieur. On commence à l'observer en certains cas particuliers, choisis avec discernement. Ensuite, peu à peu, comme de soi-même, cette nouvelle manière d'écouter s'implantera dans vos
habitudes.
Dans l'investigation spirituelle, cet exercice est pratiqué méthodiquement. On s'oblige, à temps fixe, à prêter l'oreille aux pensées les plus contradictoires et à s'abstenir en les entendant de
tout jugement réprobateur. Il ne faut pas seulement - et c'est là l'important - s'interdire d'exprimer un jugement raisonné; il faut réprimer toute impression de déplaisir, d'éloignement ou même
d'attirance. En particulier, l'étudiant doit s'observer lui-même avec pénétration afin d'éviter que ces tendances, qui ont peut-être disparu en apparence, ne persistent au tréfonds de l'âme. Il
devra, par exemple, écouter parler des personnes qui, sous un certain rapport, lui sont de beaucoup inférieures, et réprimer pendant ce temps toute ombre de sentiment de supériorité, de
suffisance. Il est pour tous utile d'écouter de cette manière parler les enfants. Le plus sage peut en tirer une immense leçon.
Ainsi l'homme parvient à écouter les paroles d'autrui avec un détachement parfait, une abstraction totale de sa propre personne, de sa manière de voir et de sentir. S'il s'exerce ainsi à écouter
sans esprit critique, alors même que l'on exprime devant lui l'opinion la plus contraire à la sienne, ou l'hypothèse la plus extravagante, il apprend peu à peu à se fondre entièrement dans
l'individualité d'un autre être, à pénétrer complètement en lui. Au travers des mots, il entend la voix intérieure d'une autre âme. S'il persévérait dans un exercice de ce genre, le son
deviendrait le meilleur agent pour percevoir l'âme et l'esprit. Il y faut assurément une rigoureuse maîtrise de soi-même, mais elle conduit à un but élevé. Surtout lorsque cet exercice est mené
de front avec ceux qui concernent l'art d'écouter résonner la nature, un nouveau sens de l'ouïe s'éveille. On devient capable de capter des informations qui émanent du monde spirituel et qui ne
trouvent pas à s'exprimer par les sons extérieurs perceptibles à l'oreille physique. On entend alors « le verbe intérieur » et des vérités d'origine spirituelle vous sont révélées
progressivement. On écoute en esprit. (Note 3 : On ne peut entendre la voix des Êtres supérieurs dont parle la science de l'occulte que si l'on est devenu capable d'écouter ainsi du dedans en
faisant le silence, et sans le moindre remous d'opinion personnelle, ce qui est dit devant nous. Ces Êtres du monde spirituel se taisent aussi longtemps que l'on projette encore sur tous les sons
entendus la réaction de sentiments personnels.)
Toutes les plus hautes vérités sont accessibles à ce « verbe intérieur »; les enseignements que l'on peut recueillir de tout véritable investigateur, il en a pris conscience de cette manière.
Rudolf Steiner, « L'Initiation », Les degrés de l'initiation - La préparation, pages 48 à 53
--------------------------
On trouvera sur Rudolf Steiner Archive le livre en question en ligne.
Publié dans : Rudolf Steiner
-
Par Mathieu
0
Mercredi 11 février 2009
3
11
/02
/2009
22:48

« L'anthroposophie est un chemin de connaissance qui voudrait conduire le spirituel en l'être humain au spirituel en l'univers. Elle apparaît comme un besoin du cœur et du sentiment. Elle doit
trouver sa justification dans le fait qu'elle est en mesure de donner satisfaction à ce besoin. Seul peut reconnaître le bien-fondé de l'anthroposophie celui qui trouve en elle ce qu'il est pour
lui une nécessité de chercher à partir de son propre être intérieur. Ne peuvent de ce fait être anthroposophes que des hommes qui éprouvent certaines questions sur l'essence de l'homme et sur le
monde comme une nécessité vitale, de même que l'on éprouve la faim et la soif. »
Rudolf Steiner, 1924, in Les Lignes directrices de l'anthroposophie §1, GA
26
Publié dans : Rudolf Steiner
-
Par Mathieu
0
Derniers Commentaires