Jeudi 10 septembre 2009
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« Comme Kakuzo Okakura, l'auteur du "Livre du Thé", qui se désolait de la révolte des tribus mongoles au
XIIIème siècle non parce qu'elle avait entraîné mort et désolation mais parce qu'elle avait détruit, parmi les fruits de la culture Song, le plus précieux d'entre eux, l'art du thé, je sais qu'il
n'est pas un breuvage mineur. Lorsqu'il devient rituel, il constitue le coeur de l'aptitude à voir de la grandeur dans les petites choses. Où se trouve la beauté ? Dans les grandes choses qui,
comme les autres, sont condamnées à mourir, ou bien dans les petites qui, sans prétendre à rien, savent incruster dans l'instant une gemme d'infini ?
Le rituel du thé, cette reconduction précise des mêmes gestes et de la même dégustation, cette accession à des
sensations simples, authentiques et raffinées, cette licence donnée à chacun, à peu de frais, de devenir un aristocrate du goût parce que le thé est la boisson des riches comme elle est celle des
pauvres, le rituel du thé, donc, a cette vertu extraordinaire d'introduire dans l'absurdité de nos vies une brèche d'harmonie sereine. Oui, l'univers conspire à la vacuité, les âmes perdues
pleurent la beauté, l'insignifiance nous encercle. Alors, buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au-dehors, les feuilles d'automne bruissent et s'envolent, le
chat dort dans un chaude lumière. Et, dans chaque gorgée, se sublime le temps. »
Muriel Barbery, « L'élégance du hérisson »
Publié dans : Japon
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Par Mathieu
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C'est un roman doux, la plume est briante, et le rythme de sa pensée est la seule arme utilisée contre la bourgeoisie. Pourtant, cette manière est aussi bourgeoise. Je ne suis pas spécialement anti-bourgeois, mais elle ne dépasse pas cet état qui nous caractérise tant: la joie, le bonheur, la culture, et la pensée aux autres.
C'est un très beau livre, un beau présage dans le paysage littéraire, mais ce livre est aussi Gentilhomme....Je sais encore abndonnée mes critiques et mes alertes pour y faire un miel aussi ambré que son histoire, un Lâcher-prise est donné par une main bienveillante moins encore qu'un habitat spirituel, où tout ce que ressortira de nous pour quelques temps, sera le fruit du beau.
Sur le chemin, il y a une auberge pour tous les marcheurs qui ont à offrir à leurs semblables.
Auriez-vous pu préciser cette notion de "bourgeois", parce que je reste perplexe sur son utilisation à ce sujet. Un mot plus précis qui engloberait une attitude qui ne se résumerait pas aux temps modernes peut-être ?
Cordialement
ps : Je dois vous envoyer un mail, ce soir ou dans la semaine au sujet du Logos.
J'ai aussi un PDF sur le même sujet qui me vient d'un Anglais, dont le travail est un peu léger mais efficace. Je vous l'envoye tel quel ou je vous le traduis avant?
Cordialement.
@ Olipien : ça va me prendre plus de temps que prévu, suite à ma dernière lecture de la dite conférence, une foule de questionnements font que je me suis mis à re-lire d'anciennes de vos contributions et je dois retravailler un peu sur d'autres textes ainsi que sur la conférence en elle-même. Mais voici tout de même trois choses qui me tracassent :
- Heidegger considère-t-il un phénomène, un concept/idée, une pensée comme un étant ? Pour la pensée véritable, je ne pense pas vu le début du cours Moira, mais que je n'ai pas encore lu.
- Vous avez employé ici-même le Logos à bien des reprises, seulement l'avez-vous toujours employé au sens d'Héraclite ou parfois au sens ultérieur ?
- Comment est-il possible pour un Dasein d'"éprouver la mort comme mort" sans faire de philosophie du sujet ? A moins qu'il faille interroger une axiome tel que l'âme et la question de sa substance/non-substance ?
Enfin il s'agit là de nouveaux questionnements qui me brouilent les pistes au sujet du Logos, ne vous sentez pas nécessairement tenu d'y répondre.
Du coup j'ai commencé à me renseigner sur Descartes car ce que dit Heidegger sur Nietzsche en rapport à celui-là m'a mit la puce à l'oreille.
Pour le pdf en anglais, ce serait fort aimable de votre part de le traduire, mon anglais étant aussi mauvais que mon allemand, c'est pour dire...
Cordialement
"... que vous trouviez en vous-même assez de patience pour supporter et assez de candeur pour avoir la foi; que vous puissiez acquérir toujours plus de confiance envers ce qui est difficile et envers la solitude au milieu des autres. Et pour le reste, laissez la vie vous arriver. A propos des sentiments: sont purs tous les sentiments qui vous rassemblent et vous élèvent; est impur le sentiment qui n'implique qu'une face de votre être et par là vous déforme. Tout ce qui fait de vous plus que vous n'étiez dans vos meilleures heures est juste. Toute exaltation est bonne si elle est dans la totalité de votre sang, si elle n'est ni ivresse ni eau trouble, mais joie claire dont on voit le fond... Et votre doute peut devenir une qualité si vous l'éduquez. Il doit acquérir un savoir, il doit se transformer en critique."
Rainer Maria RILKE, Lettres à une jeune poète.
Le pdf ne fait que dix pages, il vous éclairera sur vos questionnements, mais j'aimerai y rajouter avant de vous l'envoyer cette nuit.
- Je comprend qu'il soit tentant d'ordonner pour sa propre compréhension du sujet ces différents éléments dans des sphères bien distincte.
Il n'y a pas chez Heidegger de dualité entre l'être et l'étant. Pour lui l'être n'est pas métaphysique au sens de la métaphysique du Moyen-Age sous l'égide doctrinal du Monothéisme ( il n'est pas spécifiquement propre au Christianisme, mais me référent à mes notes, à une dizaine de système "spirituel").
Pour être rapide, l'être est dans le temps ( au sens philosophique) et l'étant dans l'espace. Je vous invite, je ne sais plus exactement lequel, à relire un article de Noesis qui parlait d'une supposition qui dépasse le simple connexe.
Mais ce que Heidegger attaque, c'est ce que l'on pourrait nommer un hyper-étant, qui fait preuve de dualisme parce qu'il ignore l'être et ne se déploie et que selon lui même, et non plus à ce qui est latent ( son origine). Ce phénomène est semblable à la question interdite nature/culture. Il n'y a pas d'opposition de la culture à la nature, mais la culture peut sous certaines con-striction spatiale( au sens philosophie) se dresser contre l'être à cause de son oubli.
Vous ne pourrait ordonner de tels spécificité selon des sphères en utilisant n modèle fractal, il vous faut utilisé une caractéristique ourano-solaire ( vous al connaissez sous ce nom), le rythme. Il ne peut y avoir d'être pur puisque nous sommes une de ses déterminations, mais il peut y avoir un étant considéré virtuellement pur.
Dans le mot, le concept, le phénomène se manifeste l'être selon son étant, l'être est présent mais voilé par l'étant. Tout se passe dans l'espace, et est étant, mais tout étant en fait pas violence à l'être. L'être n'étant pas une structure universel comme chez les Chrétien chez heidegger.
- De la même manière et c'est c e qui me vaut bien des reproches, je parles souvent des deux, et du troisième qui les unis, c'est à dire leur rythme. Pour cela je me réfère au Muthos.
-Pour le troisième, soyez plus explicite s'il vous plaît.
Cordialement.
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- Je me rend compte à quel point la raison est et doit rester un instrument et ne pas régenter. Comment ? À force de poursuivre cette question de l'être, de tenter de la com-prendre de l'araisonner en quelque sorte, plus elle se tiens à distance. Pourtant c'est bien là... L'être est proprement indéfinissable. C'est bien sur ce point que la phénoménologie de Heidegger est fabuleuse en ce sens qu'elle demande un réel travail "expérimental". Je me surprend dans des réflexions au travail même à parler de l'être d'un étant... Alors que c'est encore flou. À moins que cela le reste de tout temps.
Tant que l'on essaie de "saisir", ça ne marche pas, pourtant la chose est bien là, à quelque distance singulière, propre aux choses de l'esprit.
Je profite pour recommander ce lien, que je désirerai poster mais malheureusement sous copyright, que vous m'aviez vous-même recommandé : http://noesis.revues.org/index1468.html
L'article de Noesis dont vous parlez ne me dit rien. Je chercherai, si vous trouvez entre temps, je suis intéressé.
Vous parliez dernièrement de la confusion de l'espace et du temps. J'imagine que vous utilisiez le mot confusion (verbe confondre si je me souviens bien) au sens de "fusionner/fondre ensemble" et non au sens commun d'inversion de deux choses. Car c'est le cas de l'être et de l'étant, constriction ?
La constriction commence à se montrer à moi par ci par là. Je l'avais déjà expérimentée à la lecture de "La vision dionysiaque du monde", car la distinction qui y est faite je ne la faisais pas totalement, mais avec la question de l'être et de l'étant et sa con-fusion cela devient clair.
"Et cependant... peut-être, depuis des siècles, l'homme a-t-il déjà trop agi et pensé trop peu."
Heidegger, "Que veut-dire penser ?", Essais et conférences.
Au sujet de la nature/culture vous y aviez déjà fait allusion. Je dois dire que je ne vois pas pour le moment. La nature au sens de phusis certainement. La culture, j'avoue que l'on met tellement de chose là dessous aujourd'hui que j'en ai du mal à donner une définition qui me satisfasse.
Merci pour ces précieuses informations. Pour la question qui demande plus d'explicitation, il en faut pour moi-même à vrai dire... Je suis en questionnement, j'y reviendrait plus tard certainement.
Bien cordialement.
J'ai retrouvé le fac-similé de Noesis: http://noesis.revues.org/index1414.html
Cordialement
Vous ai je déjà dit que votre site et celui de votre aimée sont des bouffées d'oxygène qui remettraient sur pieds les plus meurtris dans cette guerre.
Aussi je crois que la lecture des lettres de Rilke me donnera matière à bien des réflexions et articles...
Au sujet du questionnement, c'est en pensant sur le subjectivisme. Je suis arrivé à deux acceptions du mot subjectivisme :
- L'homme conscient de sa propre capacité à dire "Je" mais incapable de s'incorporer à l'intérieur d'un monde unitaire (holisme ?) et donc incapable d'en faire partie mais se dressant en face du monde et de ses composantes en les concevant comme "sous la main". Poussé à l'extrême, c'est notre monde d'aujourd'hui, l'hybris de la volonté de puissance, l'hybris des composantes nordico-falliques de l'Europe.
- Comme sujet de quelque chose d'extérieur, sujet d'un étant supérieur, cette altération de la personnalité que certains ont appelé "dieu" par extrapolation.
Et donc selon la première acception, j'en suis venu à interroger un axiome tel que la substance de l'âme, et donc par là la question de l'identité à savoir si celle-ci est comme contenue en elle-même ou si elle est le résultat de facteurs (héréditaires, milieu naturel/culturel, etc.). Mais finalement, depuis, j'en suis arrivé à la conclusion que dans les deux cas éprouver le mort comme mort est possible. C'est seulement que l'on ne se rend pas compte combien la métaphysique fait partie de notre civilisation.